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Molière, pneumologue malgré lui

« Le poumon, le poumon, vous dis-je », martelait Toinette dans Le Malade imaginaire. Molière, médecin malgré lui ? Près de trois siècles et demi après sa mort, sa soubrette apparaît en pionnière inattendue de la pneumologie. Car, dans cette ultime comédie, elle esquisse un diagnostic prémonitoire. Servante déguisée en médecin, elle dialogue avec Argan. Les maux de cet hypocondriaque défilent. Et Toinette les met, tour à tour, sur le compte d’une atteinte du poumon.
Aussi bouffon soit-il, ce diagnostic renvoie à un concept intrigant aujourd’hui reconnu : le « poumon miroir ». « Il s’agit d’un miroir à deux faces. D’un côté, certaines maladies pulmonaires se reflètent hors du poumon, par des atteintes de la peau, des doigts, du cerveau, du cœur… A l’inverse, des affections non pulmonaires se présentent parfois comme des maladies du poumon », résume le professeur Marc Humbert, pneumologue à l’hôpital de Bicêtre (AP-HP, Val-de-Marne). Autant de reflets trompeurs, sources d’erreurs et d’errances diagnostiques fréquentes. D’où leur mise en lumière : vingt-sept conférences leur seront consacrés lors du Congrès de pneumologie de langue française, du 30 janvier au 1er février à Lille.

A dire vrai, les dysfonctionnements de tous nos organes peuvent retentir sur les autres organes. Mais les atteintes du poumon sont particulièrement bruyantes. « On tousse, on siffle, on crache, on saigne parfois, on a des essoufflements et des douleurs thoraciques. Des symptômes souvent très pénibles : le manque d’oxygène met en jeu la survie »…